DANS l’islam, chaque musulman est tenu d’effectuer cinq prières quotidiennes. Demain matin, après deux ans de chantier, les fidèles pourront se rendre à la mosquée de Créteil pour exercer la première d’entre elles : la prière de l’aube. L’ouverture au public s’effectuera ainsi moins d’une semaine avant l’Aïd-el-Kébir, ou fête du mouton, prévu le 8 décembre.
« C’était très important pour nous d’ouvrir les portes de la mosquée avant cette grande fête. Pour le symbole d’abord, mais aussi pour pouvoir nous adapter et gérer l’affluence que nous prévoyons d’ores et déjà », explique Karim Benaïssa, président de l’Union des associations musulmanes de Créteil (UAMC). Une structure qui a porté le projet, lancé en 2003, et qui assurera la gestion du lieu de culte.
D’une surface d’environ 4 000 m 2 , répartie sur trois niveaux, la mosquée peut accueillir jusqu’à 2 000 personnes. Un chiffre conséquent mais en deçà de la communauté musulmane estimée sur la ville, qui atteint presque 4 000 fidèles. Avant la construction de l’édifice, situé rue Jean-Gabin, les musulmans de Créteil pouvaient prier dans trois salles de prière, mises à disposition par la municipalité et installées dans les quartiers du Lac, les Sablières et les Coteaux.
« Comme beaucoup de nos frères, j’ai prié dans des caves. Puis, il y a eu ces trois salles qui, depuis au moins sept ans, sont arrivées à saturation. Lors de la prière du vendredi, il y avait parfois plus de monde à l’extérieur qu’à l’intérieur. En effet, sur les trois sites confondus, nous ne dépassons pas une capacité d’accueil de 600 places », reprend le responsable.
Outre l’aspect cultuel, le bâtiment comporte de nombreux espaces culturels et de loisirs : salles polyvalentes destinées à des conférences, des cours ou des expositions, hammam, salon de thé-restaurant, librairie, galerie d’art…
« Des espaces que tout le monde peut fréquenter car la mosquée est un lieu d’échanges et de fraternité. Il me semble que ce bâtiment, qui associe une architecture moderne aux symboles de l’islam, peut être une fierté pour tous les Cristoliens », ajoute Karim Bénaïssa.
C’est, en effet, la première mosquée du département, « au vrai sens du terme », avec son minaret et son dôme. Le financement du projet, qui a coûté 5 millions d’euros, provient de dons de la communauté. La ville de Créteil y a participé à hauteur de 1 million d’euros pour la partie culturelle de l’édifice.
source : Le parisien